Mieux comprendre la diversité des réalités des pères issus de l’immigration
Introduction
Pour que les pères immigrants et leurs familles puissent trouver leur place au sein de notre société, il est essentiel que nous soyons sensibles à leurs réalités et aux très grands défis auxquels ils sont confrontés. La meilleure façon de faire cela est de les écouter et d’entendre leurs voix, leurs espoirs, leurs difficultés, leurs désirs de trouver leur place mais aussi leurs inquiétudes afin que nous puissions collectivement mieux les accompagner et mieux les soutenir. Ils ont vraiment plein de choses à nous raconter et à nous apporter.
Le RVP vous présente ici la plateforme produite dans le cadre de la Semaine Québécoise de la Paternité 2025, dont le slogan était Pour mes enfants et ma famille, bâtir ici un avenir porteur d’espoir. Le titre de la plateforme est Mieux comprendre la diversité des réalités des pères issus de l’immigration afin de mieux les soutenir et valoriser leur apport à la famille et à la société québécoise. Il illustre bien l’approche retenue pour la produire.
Cette page propose quelques faits saillants tirés de ce rapport que vous pouvez télécharger en cliquant sur le lien suivant.
Mieux comprendre la diversité des réalités des pères issus de l’immigration
Qui sont les pères immigrants québécois ?
Des pères plus âgés, ayant plus souvent des enfants en bas âge
- 25 % des pères immigrants ont 50 ans ou plus, comparativement à 14 % des pères nés au Canada
- 47 % des pères immigrants ont un enfant âgé entre 0 et 5 ans, comparativement à 41 % des pères nés au Canada
Pères immigrants ayant 50 ans ou plus
Pères nés au Canada ayant 50 ans ou plus
Des pères plus souvent en famille biparentale intacte
- 85 % des pères immigrants forment une famille intacte, c’est-à-dire une famille avec la mère (ou l’autre parent) des enfants, comparativement à 73 % des pères nés au Canada
85 % des pères immigrants forment une famille intacte
Des pères qui, très souvent, sont capables de s’exprimer en français
- 30 % des pères immigrants ont le français comme langue maternelle, 5 % l’anglais et 65 % une autre langue
- 85 % sont capables de soutenir une conversation en français • 63 % parlent français à la maison, en combinaison ou non avec d’autres langues
- 37 % parlent anglais et d’autres langues à la maison
- Chez les pères arrivés au Canada depuis moins de 5 ans, 45 % parlent anglais et d’autres langues à la maison
85 % des pères immigrants sont capable de soutenir une conversation en français
Des pères qui, la plupart du temps, forment un couple avec une personne également née à l’étranger
- 84 % des pères immigrants forment un couple avec une personne également née à l’extérieur du Canada
- Chez les pères arrivés au Canada depuis moins de 5 ans, cette proportion est de 93 %
Situation économique et accès à l’emploi
Des pères qui occupent un emploi, mais avec des conditions plus précaires
- 93 % des pères immigrants occupent un emploi, comparativement à 96 %
des pères nés au Canada - 35 % des pères immigrants en emploi ont un horaire atypique (irrégulier, de soir,
de nuit, de fin de semaine), comparativement à 31 % des pères nés au Canada
93 % des pères immigrants occupent un emploi, comparativement à 96 %
des pères nés au Canada
Des pères qui éprouvent davantage de conflits famille-travail
- 21 % des pères immigrants en emploi éprouvent un niveau de conflit travail-famille élevé, comparativement à 16 % des pères nés au Canada
Des pères plus scolarisés mais davantage en situation défavorisée
- 63 % des pères immigrants détiennent un diplôme d’études universitaires, comparativement à 34 % des pères nés au Canada
- 26 % des pères immigrants appartiennent à un ménage à faible revenu, comparativement à 8 % des pères nés au Canada
- 10 % des pères immigrants ont utilisé au moins un service d’aide alimentaire ou matérielle au cours de la dernière année, comparativement à 3 % des pères nés au Canada
63 % des pères immigrants détiennent un diplôme d’études universitaires, comparativement à 34 % des pères nés au Canada
Une précarité socioéconomique encore plus préoccupante pour les pères d’immigration récente
- Alors que 26 % des pères immigrants vivent dans un ménage à faible revenu, c’est le cas de 36 % des pères arrivés au Canada depuis moins de 5 ans
- Une tendance semblable est observée pour la plupart des indicateurs socioéconomiques de l’étude
L’adaptation au rôle de père et le lien avec l’enfant
Des pères qui tirent une plus grande satisfaction de leur rôle de parent, mais qui éprouvent un stress parental plus important
- 42 % des pères immigrants éprouvent un niveau de satisfaction parentale élevé, comparativement à 21 % des pères nés au Canada
- Chez les pères immigrants arrivés au Canada depuis moins de 5 ans, cette proportion atteint 53 %
- 24 % des pères immigrants éprouvent un niveau de stress parental élevé, comparativement à 20 % des pères nés au Canada
42 % des pères immigrants éprouvent un niveau de satisfaction parentale élevé, comparativement à 21 % des pères nés au Canada
Des pères qui semblent éprouver moins de difficulté à exercer leur rôle de parent
- 13 % des pères immigrants rapportent une gestion difficile des défis liés au rôle parental, comparativement à 17 % des pères nés au Canada
- 15 % des pères immigrants ont un rythme de vie quotidienne très exigeant, comparativement à 21 % des pères nés au Canada
Coparentalité
Des pères qui, pour la majorité, se sentent soutenus et peu critiqués par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)
- 66 % des pères immigrants en couple rapportent se sentir souvent ou toujours soutenus par leur conjoint(e), comparativement à 51 % des pères nés au Canada
- Chez les pères immigrants arrivés au Canada depuis moins de 5 ans, cette proportion atteint 76 %
- 57 % des pères immigrants en couple mentionnent être rarement ou jamais critiqués par leur conjoint(e), comparativement à 52 % des pères nés au Canada
- Chez les pères immigrants arrivés au Canada depuis moins de 5 ans, cette proportion atteint 63 %
66 % des pères immigrants en couple rapportent se sentir souvent ou toujours soutenus par leur conjoint(e).
Soutien dans la communauté
Des pères très souvent privés du soutien de l’entourage dans l’exercice de leur rôle parental
- 59 % des pères immigrants indiquent que leur entourage est peu ou pas disponible pour leur venir en aide, comparativement à 28 % des pères nés au Canada
- 41 % des pères immigrants indiquent que leur entourage est rarement ou jamais disponible lorsqu’ils ont le sentiment que les parents n’en peuvent plus, comparativement à 28 % des pères nés au Canada
42 % des pères immigrants éprouvent un niveau de satisfaction parentale élevé, comparativement à 21 % des pères nés au Canada
Des pères qui ont davantage des besoins de services de soutien à la parentalité non comblés
- 18 % des pères immigrants qui n’ont pas utilisé de services de soutien à la parentalité indiquent qu’ils en auraient eu besoin, comparativement à 10 % des pères nés au Canada
- 35 % des pères immigrants évaluent leur besoin de soutien comme étant modéré ou élevé, comparativement à 39 % des pères nés au Canada
Méthodologie – L’Enquête québécoise sur la parentalité 2022 a été réalisée par l’Institut de la statistique du Québec à la demande du ministère de la Famille. La collecte de données de l’enquête s’est déroulée du 14 mars au 21 août 2022, par téléphone et par questionnaire Web auprès d’un échantillon de parents du Québec. Aux fins de l’enquête, ceux-ci sont définis comme l’ensemble des personnes de 18 ans et plus vivant dans un logement non institutionnel qui sont parents d’au moins un enfant âgé de 6 mois à 17 ans vivant avec eux au moins 14 % du temps, c’est-à-dire l’équivalent d’une fin de semaine sur deux, par exemple. Les 19 000 personnes répondantes ont permis la production de résultats représentatifs de l’expérience d’un peu plus de 1,5 millions de parents d’enfants mineurs, au total, soit 794 800 mères et 717 800 pères. Les données présentées dans ce document comparent l’expérience des pères en fonction du lieu de naissance qu’ils ont déclaré lors de l’enquête. Elles se rapportent à des populations estimées de 200 900 pères nés à l’extérieur du Canada et 516 900 pères nés au Canada.

